Petit guide pour péter (la forme) en terre hostile !

Une fois un orteil mis sur le territoire togolais ou africain (si on veut être très général), vous n’allez pas du tout vous retrouvez dans l’univers aseptisé que vous avez connu toute votre vie. Votre petit corps va être fortement stimulé et menacé par un tas de choses assez éprouvantes tout au long de votre séjour.

1 – Armez vous contre la chaleur.

Il fait très chaud et le choc thermique en sortant de l’aéroport est immédiat. Durant les premiers jours évitez de vous exposer au soleil, protégez bien votre tête et vos yeux (comme montré par nos modèles sur la photo ci-dessus). Pensez à bien boire parce qu’il fait souvent 28-29 degrés la nuit et bien plus la journée. Votre corps mettra sûrement quelques semaines à s’habituer et à réguler ces auréoles de transpiration sous vos bras et dans votre dos ainsi que le sébum de votre peau luisante de crasse (certainement accompagnée de petits boutons sexys qui eux resteront).

Après ce supplice thermique qui vous obligera à vous doucher 3-4 fois par jour et qui vous vaudra quelques petits vertiges, vient le moment de consommer local (et je parle d’aliments…).

2 – N’avalez pas n’importe quoi.

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L’eau : En ville l’eau se trouve un peu partout et elle est majoritairement vendue dans des sachets plastiques, c’est un peu bizarre mais on s’y habitue vite. Cette eau est traitée, mais elle a un petit goût qui me fait douter de sa composition donc au bout de quelques mois je jonglais avec l’eau minérale en bouteille (vitale et voltic je crois?).

Ne buvez pas l’eau du robinet, des puits ni des rivières et évitez les glaçons !

Faites également attention aux boissons préparées par les tatas dans les rues. Les jus de bissap, citron, baobab etc sont certes attirants, mais ils sont souvent préparés avec de l’eau du robinet donc évitez d’y aller direct et laissez un peu de temps à votre estomac de s’habituer. Au bout de quelques temps vous pourrez y aller mais n’en abuse pas non plus Marguerite !

Les aliments : Pareil pour les aliments, essayez de connaitre la provenance de ce que vous achetez, et mangez plutôt des légumes cuits et des fruits à peau au départ. Cela peut éviter la prolifération de bactéries issues d’un manque d’hygiène concernant leur production (souvent liée à des histoires de caca – désolée). Cela peut provoquer des cas de fièvre typhoïde par exemple, ou diarrhée du voyageur, plus communément dissimulée sous le nom de turista. TURRRRRISTAAH ! (avec un petit accent italien c’est plus classe).

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J’ai été malade une seule fois au Togo, je suis donc plutôt très très chanceuse, mais il fallait que ça tombe sur la semaine ou mon copain s’était organisé avec ma coloc pour me faire la surprise de venir pour la St-Valentin (so romantic you know).

Manger des légumes crus augmentent vos chances de célibat.

Afin d’avoir un peu d’intimité nous avions réservé une chambre à l’extérieur de l’association où je vivais. Nous disposions de 10m carrés d’espace vital pour deux (+ une invitée de type souris) avec des toilettes séparées du lit par une sorte de porte/planche en bois qui permettait de partager tous ces beaux moments de façon non visuelle bien que fortement sonore. C’était ma façon de lui faire comprendre que j’avais toujours détesté cette fête et que je n’y voyais aucun intérêt. Je ne sais pas trop ce qu’on avait mangé cette semaine là, mais tout le monde était malade à l’asso. Bref, du pur bonheur.

3-  Le vilain paludisme

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Je vous présente vos pires ennemis, les « moustiquos bastardos ». En plus de pourrir vos nuits et la peau de vos fesses, ils transmettent des maladies qui peuvent être graves, principalement la fièvre jaune (vaccin obligatoire) et le paludisme.

Le Togo se situe en zone 3 (zone à plus haut risque de transmission), alors voici quelques techniques de ninja expérimenté pour vous aider à réduire vos chances de piqures. Je dis bien réduire, car vous ne serez jamais à l’abri malgré tous les efforts fournis et il n’y a pas vraiment de solution miracle sur le long terme.

 

Les techniques gentilles

 

Les moustiquaires

La base de la base. Optez plutôt pour une moustiquaire deux place, j’en avais pris une petite mais finalement je l’ai rarement utilisée, elle n’était pas très pratique, sauf pour les nuits en brousse, et encore on dormait presque tout le temps à plusieurs donc ce fut fort inutile.

Si vous louez un appartement, faites également attention à ce qu’il y ait des moustiquaires sur les fenêtres.

Pshit pshit et huiles essentielles:

J’avais ramené pas mal de produits anti-moustiques, mais finalement je ne les ai pas tellement utilisés car pour une raison que j’ignore je finissais toujours par m’en mettre dans la bouche (et c’est vraiment affreux). De plus, je n’aime pas trop utiliser de produits chimiques sur ma peau, donc j’ai finalement plutôt opté pour de l’huile essentielle de citronnelle qui marchait assez bien. J’innovais également en fabricant des mélanges pour la peau à base d’huile de coco, avec des huiles essentielles de menthe poivrée, d’eucalyptus ou des choses qui sentent un peu fort (évitez quand même le reblochon).

Le ventilateur :

Truc tout bête mais finalement le fait de dormir avec un ventilateur permet de « souffler » les moustiques, et donc de limiter les piqures car vous êtes comme enveloppés dans un tube protecteur tout au long de la nuit. De toute façon vous ne pourrez pas dormir sans ventilo, mais je tenais quand même à vous tenir informés de sa double fonction, et à l’occaz vous donnez une raison d’être doublement dégoutés en cas de coupure d’électricité (qui sont fréquentes).

La technique du torchon de cuisine :

Activité favorite du soir. La chasse au moustique ! Malgré la protection sur les fenêtres les moustiquos bastardos trouvaient des techniques infaillibles pour se faufiler dans notre maison. Pendant la saison des pluies c’était à se demander si on était vraiment chez nous… alors il fallait agir, et vite.

On prenait des torchons de cuisine et on essayait de les « claquer » le plus fort possible. J’ai également développé la technique du torchon boule, qui consiste à tuer n’importe quel moustique accroché au plafond (qui était très haut chez nous). Je faisais une boule que je tenais entre mes deux mains, je me plaçais en position de squat et là bim, lancé droit, ni une ni deux, moustique à terre. 100 points.

Se couvrir

On vous conseille de porter des vêtements longs… et certes, avant d’arriver j’étais presque en train de m’imaginer en tenue d’apiculteur, mais je me suis vite rendue compte que c’était très compliqué. Il fait tellement chaud qu’on passe notre vie en short et petits débardeurs, on est obligés de dormir en tenu d’Ève, donc j’aurais du mal à vous dire de le faire. Même en saison des pluies ou les températures baissent j’ai du mal à imaginer que ce soit possible d’être toujours en pantalon et manches longues, alors à vous de voir si vous le supporter ! Si c’est le cas tant mieux, sinon vous pouvez peut-être acheter un pagne que vous utiliser comme sorte de couverture le soir. Comme c’est léger ça ne tient pas très chaud, et vous pouvez l’utiliser un peu quand vous voulez.

Avoir un chat :

Moins économique, parfois efficace. Technique accompagnée de cris de guerre, de sauts digne d’une crise d’épilepsie, ainsi que de destruction progressive de tout bien matériel conduisant  à une perte de caution.

Avoir un caméléon :

Même principe, avec un peu plus de rigueur et de sérieux bien que limité par une taille d’estomac moindre.


Traitement paludisme

Chose pour laquelle je reste très mitigée. Lorsque vous dites que vous partez en Afrique, le centre médical spécialisé dans le voyage que vous allez consulter pour vos vaccins vous conseillera de prendre un traitement antipaludique.

Je ne prends absolument JAMAIS de médicaments, mais là je me suis dit qu’il valait peut-être pas trop jouer avec le feu. Comme je restais six mois je ne pouvais pas prendre de traitement comme la Malarone car il est trop fort et trop dangereux. On m’a donc proposé un traitement appelé « Doxycicline », antibiotique également utilisé pour l’acné.

Douleurs et arrêt de traitement

J’ai donc pris ce traitement pendant environ un mois, et je ressentais de plus en plus de douleurs au niveau des reins et du dos (j’avais été opérée d’un méchant calcul un an avant). Surtout pendant mes règles, j’étais pliée de douleur et je restais toute la journée en boule dans mon lit à pleurer. Je n’étais pas sûre que cela provienne de ça mais je me suis dit que ça avait peut être un lien, et effectivement après l’arrêt du traitement je n’ai plus rien eu. J’ai donc passé presque cinq mois sans aucun type de protection.

J’ai encore une fois eu de la chance, mais je ne saurais pas trop quoi vous conseiller de ce côté là. Beaucoup de mes amis ont eu le palu, et ce malgré la prise de traitement alors ça ne veut rien dire, vous ne serez jamais protégés à 100%. Je me demande ce qui est le plus dangereux entre la prise de médicaments aussi forts pendant quelques mois qui détruisent à petit feu vos défenses naturelles, et le fait de tomber malade (si pris en charge rapidement).

On nous fait finalement très peur avec ce parasite, mais j’ai demandé à plusieurs reprises à des spécialistes (français) qui m’ont affirmé que lorsque c’était traité de suite ça ne restait même pas dans le sang. Il y a aussi différents types de paludisme, et je ne souhaite pas minimiser le risque car cela peut être très grave si vous n’agissez pas vite, mais il est vrai que même si vous êtes dans un village perdu ils savent très bien comment traiter les premiers symptômes de cette maladie sur place, alors à vous de choisir.

Les crises de paludisme durent généralement trois jours. C’est pas sympa, vous avez des fièvres, des sueurs, vous pouvez même avoir des hallucinations et votre corps perd un peu le nord mais finalement lorsque c’est pris en charge rapidement ça passe. Quelques piqures sur les fesses, quelques jours de repos et c’est terminé.

Effets secondaires

Certains de mes amis qui étaient sous traitements avaient des nausées, problèmes gastriques, migraines, certains faisaient des rêves étranges la nuit. Parmi les effets secondaires vous pouvez également être victimes de crises d’angoisse, de paranoïa, d’envies suicidaires, démangeaisons, hallucinations… De plus, ces traitements peuvent vous brûler la peau si vous allez au soleil… Bref, drôle de façon d’être protégés.

J’ai l’intention de retourner en Afrique de l’Ouest plus tard pour de plus longs séjours et je ne pense toujours pas le prendre. C’est sûrement risqué, et je ne dit pas que tout le monde doit faire comme moi. Je ne suis pas médecin, mais c’est un choix personnel car je sens que mon corps a du mal avec ce genre de traitement. Je pense cependant que ça vaut sûrement le coup pour de cours séjours. Vous pouvez également vous renseigner car il existe des traitements naturels et homéopathiques qui peuvent aider un peu.


4 – Les animaux

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La faune togolaise n’est pas trop trop dangereuse en comparaison avec certains autres pays. Il y beaucoup de gros insectes bien dégueus,  quelques serpents très venimeux, on en a vu dans l’eau des cascades ou on se baignait et dans nos chambres.  Faites un peu attention, un ami s’est fait piqué par un bébé vipère à trois heures de l’hôpital le plus proche, c’était tendu mais il va bien. J’ai également été en contact avec des scorpions etc. Si vous êtes en brousse essayez de faire un maximum de bruit, tapez des pieds et regardez bien sur quoi vous marchez.

En ce qui concerne la rage, il y a quelques chiens errants, et pas mal de singes. Les singes qui sont en captivité sont en général vaccinés mais il faut quand même faire attention. Je ne me suis pas faite vaccinée mais avec du recul je me rend compte que j’ai quand même pris des risques car j’ai travaillé avec des babouins et autres singes qui peuvent être agressifs. Ce vaccin est surement utile je pense si vous avez envie d’être en contact avec eux.


5 – Les baignades

Évitez de vous baigner dans les eaux stagnantes qui se trouve autour des cascades ou autre, ces eaux peuvent être infectées par des bactéries et parasites.

Pour l’océan faites très attention!! On peut se baigner au bord de l’eau, mais les courants sont très forts et il y a des sortes de gouffres derrière d’anciennes routes maintenant recouvertes par l’eau. Mon coloc s’est fait emporté au large, heureusement c’était une des seules plages surveillées (la majorité des togolais ne savent pas nager) et trois sauveteurs ont pu le récupérer.

C’était juste hallucinant, on a eu super peur, mais après coup ce n’était pas trop désagréable à regarder . Un togolais a quand même trouvé le moyen de nous vendre des photos du sauvetage (et de mon moment coup de foudre), j’adore ce pays!

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6- Les transports

Pendant votre séjour vous allez bouger tout le temps, et pour se déplacer vous allez devoir prendre des taxis à moins de posséder votre propre véhicule.  L’état des routes est parfois déplorable, et dans la ville le trafic est tellement dense que c’est un sacré bordel ! C’est un bordel organisé, certes, mais vous ne serez, je pense, pas en mesure de vous adapter à cette folie alors je déconseille très fortement le fait de conduire là-bas. Mes deux seuls amis qui ont conduit des motos ont tous les deux finis accidentés (et très gravement pour l’un).

Tout le monde roule n’importe comment, certains sont en sens interdit, ils communiquent avec leurs bras, ils sont parfois cinq sur une moto, ils portent des chèvres sur le toit de leur voiture… enfin bref. Vous voyez un peu l’ambiance.

Quel taxi choisir?

Essayez, lorsque c’est possible de privilégier les taxi-voitures car vous serez plus protégés en cas d’accident. Faites par contre très attention au choix de votre chauffeur sur les grosses routes qui mènent au nord du pays, vers Kpalimé ou Kara (la pire). Les collisions frontales sont très récurrentes et les voitures laissées à l’abandon sur le bas-côté laissent imaginer l’état de leurs passagers. On est tombés une fois sur un conducteur un peu fou qui nous faisait très peur pendant quelques heures de route. Plus jamais.

En ville le fait de prendre une voiture est « malheureusement » souvent difficile, car à moins de privatiser un taxi qui coute plus cher, les chauffeurs ont une route tracée sur un axe qui les arrange pour prendre le plus de personnes possible.

Vous allez donc faire appel au fameux ZEMIDJANS qui eux iront partout!

Les zems sont donc des taxis-motos, il y en a partout, 24/24h et la moyenne de temps pour en trouver un doit être d’environ 10 secondes. Vous en aurez certainement trois qui viendront en même temps pour vous dire « Oléyia? » (On y va?) et qui se disputeront votre petite personne. C’est toujours sympa de discuter avec ces hommes qui sont toujours très agréables et qui travaillent dur, mais il faut quand même faire attention.

Certains travaillent jour et nuit, et dorment sur leur moto, ils sont parfois à peine réveillés. Certains boivent, d’autres prennent certaines drogues stimulantes comme le Tramadol qui les aident à moins ressentir la faim et la fatigue, et à supporter le fait d’être sous le soleil toute la journée. Il y a vraiment beaucoup d’accidents tous les jours, j’ai vu certaines scènes dont j’aurais bien pu me passer et j’ai eu parfois très peur.

Même si le port de casque n’est pas obligatoire en tant que passager et que c’est cool de rouler cheveux au vent, je vous conseille d’en acheter un. J’avais payé mon casque intégral 10 000 francs CFA, soit 15 euros, et vous pouvez en trouver dans le centre-ville dans des magasins spécialisés.


 

Pour conclure, voici un petit résumé des choses qui nous sont arrivées pendant notre séjour :

  • Malaises.
  • Caca mou + vomissements.
  • Paludisme, voir neuropaludisme
  • Morsures de singe de et serpent.
  • Presque-noyade.
  • Accidents de la route.

Il y a bien évidement d’autres risques pour la santé, mais ceci sont les principaux auxquels nous avons été confrontés. Si vous avez d’autres recommandations pour de futurs voyageurs je suis tout ouïe !

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Commentaires

One comment on “Petit guide pour péter (la forme) en terre hostile !”
  1. julien dit :

    Super tous ces renseignements 🙂
    Merci pour le partage, je pars en novembre pour traverser le pays « à pied » et ton article va m’aider à préparer tous ça.

    J'aime

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